Définition
Qu’on travaille dans un contexte associatif ou entrepreneurial, on a déjà pris part à des assemblées générales ou des débats mouvants et rencontré des situations nécessitant des prises de décision collective par l’intermédiaire d’un vote, d’une recherche de consensus ou même d’un classement d’idées ou de candidat·es. Tous les jours on coopère, on coordonne, on collabore et tout le monde a depuis entendu parler d’intelligence des foules, de crowdsourcing et de crowdfunding, d’organisation horizontale, de démocratie directe voire d’intelligence en essaim. De même, il est courant de consulter et contribuer à Wikipedia, Reddit, Mastodon ou Bluesky et de créer du contenu sur Etherpad ou Google Docs. Toutes ces méthodes et pratiques s’inscrivent dans un seul et même domaine de recherche qui a émergé dans les années 90 : l’Intelligence Collective (IC). Ainsi, le terme d’IC s’installe progressivement dans les esprits et le langage courant mais reste encore flou quand il n’est pas dévoyé. En s’appuyant sur la littérature scientifique il convient de définir l’IC afin que tout le monde comprenne les facteurs qui y contribuent et ses effets.
L’IC a été théorisée en 1997 par Pierre Lévy pour le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) comme une « intelligence partout distribuée, sans cesse valorisée, coordonnée en temps réel, qui aboutit à une mobilisation effective des compétences »1. Au regard des avancées technologiques des 30 dernières années, Gurney apporte un nouvel éclairage : « propriété de groupes qui émerge des synergies entre trois éléments clés : donnée-information-connaissance, logiciel-matériel, et individus, et qui permet l’acquisition en temps réel des connaissances afin d’optimiser les prises de décision » (« A property of groups that emerges from synergies among data-information-knowledge, software-hardware, and individuals that enables just-in-time knowledge for better decisions than these three elements acting alone »2).
Dans un contexte organisationnel, on pourrait interpréter l’IC comme la capacité collective à parvenir à des consensus, à résoudre des problèmes complexes et à nous adapter à des environnements changeants. Ainsi, nous collaborons tous les jours à de multiples tâches d’IC qui vont de la résolution de problèmes à la prise de décision en passant par la planification ou la création de contenus.
Pour comprendre des concepts complexes, il est nécessaire de les décomposer en de multiples sous‑unités plus simples. C’est ce que propose Malone en déterminant les blocs fondamentaux des systèmes d’IC3. Ainsi tout système d’IC répondra à ces 4 questions :
Qui effectuent cette tâche ?
Individus (who)
Pourquoi le font-ils / elles ?
Motivation (why)
Qu’est-ce qui est accompli ?
Objectif (what)
Comment cela se passe-t-il ?
Processus (how)

Une sorte de « What is done and how by whom and why people are doing it ? »…
Facteurs contribuant à l’Intelligence Collective
Quel que soit le secteur, la littérature scientifique identifie des invariants quant aux facteurs qui contribuent à l’IC. La capacité des membres d’un groupe à percevoir les émotions et la diversité de genre sont les plus grands facteurs d’influence de l’IC et, dans une moindre mesure, la diversité cognitive aussi. Les compétences individuelles qui favorisent les groupes à collaborer ou enrichissent la collaboration en apportant de nouveaux points de vue sont matières, elles aussi, à contribuer grandement à l’IC. Enfin, les groupes qui communiquent le plus tout en respectant l’équilibre des participations individuelles lors des discussions et en valorisant les propos de tout·es les membres renforcent l’IC.
Effets de l’Intelligence Collective
Dans de multiples contextes l’IC est déjà exploitée et nous avons aujourd’hui accès un nombre toujours plus grands de données et de retours d’expérience. Nous avons listé de façon non exhaustive les effets de l’IC :
Favorise
- Lien social, partage et la confiance mutuelle
- Engagements individuels et collectifs
- Résolution de problèmes
- Apport de nouveaux points de vue, libération de la parole et idéation
- Valorisation inter-individuelle, réceptivité et bienveillance
- Coopération, coordination, collaboration
- Diminution des risques
- Réduction des conflits
- Diffusion efficace de l’information
- Prises de décision clarifiées
Enfin, il est à noter que les processus d’IC sont des nouvelles méthodes à mettre en place, ce qui peut prendre du temps. Néanmoins, une fois les groupes formés, les solutions collectives seront obtenues plus rapidement et de façon plus satisfaisante pour leurs membres.
Outils numériques et méthodes pour l’Intelligence Collective
all as one a identifié les leviers pratiques à même de renforcer l’IC. Nous mettons à disposition notre expertise en matière de communication explicite afin de vous accompagner dans vos prises de décision collectives, résolutions de problèmes complexes, élaborations de scénarios projectifs, etc.
Aussi, all as one propose des outils numériques innovants, tout en aidant les collectifs dans leurs processus de formation, maturation et création. Il est dores et déjà possible d’utiliser Etherpad, un éditeur de texte collaboratif open source, ou de découvrir coop.ink, le premier outil d’un genre nouveau.
coop.ink est un éditeur de texte couplé à un outil de sondage, qui permet à de larges groupes d’écrire collectivement, simultanément, dans une optique de convergence et sans leader! Il a été imaginé pour favoriser la création collective des contenus. En somme, coop.ink est le révélateur de votre Intelligence Collective!
- Lévy, P. (2013). L’intelligence collective: pour une anthropologie du cyberespace. La découverte. ↩︎
- Gurney, N., Morstatter, F., Pynadath, D. V., Russell, A., & Satyukov, G. (2024, June). Operational Collective Intelligence of Humans and Machines. In International Conference on Human-Computer Interaction (pp. 296-308). Cham: Springer Nature Switzerland. ↩︎
- Malone, T. W., Laubacher, R., & Dellarocas, C. (2009). Harnessing crowds: Mapping the genome of collective intelligence. ↩︎
- Suran, Shweta, Vishwajeet Pattanaik, et Dirk Draheim. « Frameworks for Collective Intelligence: A Systematic Literature Review ». ACM Computing Surveys 53, no 1 (6 février 2020): 14:1-14:36. https://doi.org/10.1145/3368986. ↩︎